Ce n’est pas dans ma tête

Dimanche 22 février 2026
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Je ne sais plus exactement quand ça a commencé.

Peut-être un an avant le diagnostic.
Peut-être deux.

Au début, ce n’était rien de spectaculaire.
Juste une fatigue un peu plus lourde que d’habitude.
Le genre de fatigue qu’on explique facilement.

Je travaille trop.
Je dors mal.
Je suis stressée.
Je suis maman solo.
C’est l’âge.
C’est l’hiver.

Il y a toujours une bonne raison.

Puis la fatigue est devenue différente.

Pas “je suis un peu crevée”.
Plutôt :

Je n’ai plus de batterie.

Conduire me vidait.
Prendre une douche me demandait un effort.
Faire les courses devenait une expédition.

Je me souviens m’être assise sur le bord du lit, un matin, incapable de comprendre pourquoi enfiler un jean me paraissait insurmontable.

Et le pire, c’est que ça ne se voyait pas.

Je n’étais pas hospitalisée.
Je n’avais pas de plâtre.
Je n’avais pas de diagnostic.

Juste cette sensation d’être… ralentie.

Comme si quelqu’un avait baissé le volume de ma vitalité.